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Abandonner la betterave, sûrement pas !

S'il n'y avait pas eu les quotas, il y aurait beaucoup plus de betteraves sur la ferme en Belgique, et probablement pas de pommes de terre !

 

Jean-Louis et François Francotte cultivent une ferme à Steenkerque, petit village de la commune de Braine-le-Comte, dans le Hainaut. «Au départ, la betterave était notre cheval de bataille, puisqu'elle représentait 1/3 de la superficie de la ferme. Je ne me voyais pas faire de la pomme de terre, nous confie Jean-Louis, mais quand la ferme s'est agrandie, de par les quotas betteraviers, on était limité en betteraves et c'est là que la pomme de terre s'est développée. S'il n'y avait pas eu les quotas, il y aurait sûrement plus de betteraves sur la ferme aujourd'hui !»

strube

Jean-Louis et François Francotte
«Si on vend un camion de patates maintenant, ça en vaut 10 de l'an dernier !!»

Sur la ferme en France, impossible de cultiver la betterave: dommage !

 

Depuis quelques années, François cultive aussi en France. «J'avais envie de m'installer, d'avancer. En Belgique, les opportunités sont rares ! Et j'ai atterri à la Saucelle en France, dans l'Eure et Loir, à 40 km au nord-ouest de Chartres. Là, je cultive du colza, du blé et de l'escourgeon. D'un point de vue agronomique, ce n'est pas possible de mettre des betteraves. Dommage, car les rotations sont courtes et on a des problèmes comme les graminées résistantes dans les cultures de céréales; le désherbage peut être 2 fois plus coûteux qu'en Belgique. On sait aussi que la pomme de terre et la betterave ont actuellement une meilleure rentabilité que les céréales et le colza…. Pour moi, le gros avantage de cette ferme, c'est que les saisons sont décalées avec la Belgique et je peux donc utiliser le matériel belge pour la ferme en France ! Mais si on avait eu la chance de reprendre une ferme en France avec des betteraves, on ne s'en serait pas privé !»

On est déjà habitué à des fluctuations de prix en pommes de terre !

 

«Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait en betteraves, mais l'abandonner, sûrement pas !» nous affirme Jean-Louis. «On est déjà habitué aux fluctuations importantes de prix en pommes de terre, et ce n'est pas ça qui nous arrête ! Tant que la moyenne de prix sur plusieurs années est bonne, on continuera! D'autant que les variétés Strube ont actuellement un potentiel extraordinaire, ce qui nous permet de produire toujours plus de sucre à l'hectare.»

Les variétés

 

«Nous avons semé des Gauss et des Lumière. Les premières Gauss que nous avons arrachées font une richesse de 18,48 avec une très bonne tare terre (4,86) et une très faible tare collet (4,09) caractéristique de la génétique Strube. C'est sûr, l'an prochain, on en remet ...», nous confie Jean-Louis.

Continuer à mettre un peu de tout, c'est mon principe !

La diversité des cultures

 

«Sur la ferme, nous avons toujours cultivé la betterave. On peut dire que nous sommes betteraviers dans l'âme. Ce qui ne veut pas dire que nous cultivons sans réfléchir à la rentabilité de la culture. Mais notre principe est de continuer à mettre de tout, de telle façon que si un secteur se casse la figure momentanément, les autres peuvent compenser financièrement. Je pense par exemple à ceux qui ont arrêté la chicorée et qui le regrettent maintenant car, certaines années, la rentabilité de la chicorée est meilleure que celle de la betterave. Les patatiers savent aussi de quoi je parle; les hauts et les bas, ils connaissent!

strube

Thierry et Bénédicte Fermier: «Moi aussi, j'ai voulu en essayer des variétés qui donnent soi-disant 15 % de plus … Mais en tous cas, chez moi, les variétés Strube donnent au moins autant !»

Une bonne gestion des coûts

 

«Je sème les betteraves moi-même avec un semoir Nodet que j'ai acheté d'occasion en 2006. Il ne me coûte plus rien et en plus, je sème les betteraves, les chicorées et le maïs avec ce semoir (avec les becs Kemper sur les ensileuses, le maïs à 45 cm ne pose plus de problème). Je prépare les terres avec une canadienne et un vibroculteur, matériel que j'utilise aussi pour les autres cultures. Mon matériel est donc polyvalent. Depuis toujours, on fait très attention au désherbage, mes terres ne se sont donc jamais salies, et dans la comptabilité, je remarque que mes coûts herbicides sont très bas par rapport à la moyenne. Je transporte moi-même les betteraves et les pulpes. Il n'y a en fait que l'arrachage que je confie à l'entreprise. J'ai aussi la chance d'avoir de la main d'œuvre familiale. Ce sont des petites choses, mais qui seront peut-être significatives à l'avenir.»

Des rendements à 3 chiffres, c'est ce qu'il faut faire !

 

«Je pense que les sélectionneurs ont bien travaillé car les rendements ont bien progressé; aujourd'hui, on n'est pas satisfait si les rendements n'atteignent pas les 3 chiffres ! L'évolution des richesses ces dernières décennies nous a permis d'ajouter une plus-value au prix de base de la betterave. La génétique fait aussi des progrès en matière de tolérances aux diverses maladies (nématodes, rhizoctone, …) et également au niveau des maladies foliaires, on pourra peut-être économiser sur les fongicides d'ici peu ! Alors oui, je pense que tous ensemble, sélectionneurs, agriculteurs et sucriers, on peut garder une filière betterave-sucre rentable en Belgique !»

De bonnes variétés pour des rendements performants

 

«J'ai toujours fait confiance aux semences Strube, mais cette année, devant les résultats Irbab, j'avoue …. je me suis laissé tenter … J'ai voulu comparer Gauss à une variété concurrente qui avait apparemment de meilleurs chiffres dans les résultats d'essais. Je les ai arrachées fin septembre - début octobre: les richesses étaient identiques: 18.16° de moyenne et le rendement dépassait les 100 T. A mon grand étonnement, j'ai vu par moi-même que les résultats étaient similaires. Colette (ndlr: Colette Méhauden, responsable commerciale Wallonie) avait raison: les résultats dans la pratique, il n'y a que ça qui compte !!»

Qui sait pour quelle nouvelle utilisation l'industrie aura besoin de nos betteraves dans le futur ?

Des cultures classiques, mais une exploitation performante


Son exploitation est tournée vers les grandes cultures, avec des cultures classiques comme des pommes de terre hâtives (Première), des pommes de terre de conservation (Bintje et Fontane), du froment d'hiver, des semences de ray-grass anglais, des betteraves et du maïs grain. Les betteraves ont une rotation de 5 ans et sont cultivées sur les terres argileuses, et pas sur les sables à cause du risque de rhizoctone. Les polders lourds sont labourés à l'arrière-saison, ce qui nous permet de semer tôt au printemps.
Un mélange d'engrais vert est semé, de l'herbe avec une moutarde résistante aux nématodes.
«Nous semons nos betteraves nous-mêmes avec un semoir 12 rangs Monozentra mécanique et non repliable. La préparation du lit de germination est faite avec un Maxisprint de Steketee, sur une largeur de 4,5m», nous raconte Steven.
«Trois quart de nos terres sont dans les polders lourds, et un quart dans les sables. C'est pourquoi nous cultivons différentes variétés de pommes de terre. Nous faisons de la vente à la ferme toute l'année depuis 25 ans.»

steven van hyfte

Steven Van Hyfte est un jeune agriculteur installé à Sint-Jan-in-Eremo, dans les polders d'Assenede à la frontière de la Hollande, à mi-chemin entre Anvers et Knokke. La région est connue pour ses ruisseaux créés par les ruptures de digues. Dans la région, les terres sableuses, sablo-limoneuses et argileuses se côtoient. «Celui qui ne connait pas peut être surpris», nous dit Steven.

Nous essayons de tout faire nous-mêmes. Comme cela nous pouvons intervenir au meilleur moment.

Une famille active


Steven a repris la ferme en 2012, et son épouse travaille chez Lotus Bakeries à Lembeke. Depuis 2007, il est aussi agent régional pour la firme Strube, pour la région qui va de De Haan jusque Kieldrecht. «Une région magnifique, essentiellement des polders», nous dit Steven.

Un entrepreneur confiant

 

Auparavant la ferme avait un quota en Hollande et un en Belgique. En 2007, Le quota hollandais chez Cosun a fait l'objet d'un échange contre un quota chez Iscal Sugar en Belgique. «Avec les rendements que nous atteignons dans la région, la betterave restera concurrentielle avec les autres cultures», nous dit Steven avec conviction. «Et puis, qui sait pour quelle nouvelle utilisation l'industrie aura besoin de nos betteraves dans le futur !»

«Je suis passé cette année à des variétés tolérantes aux nématodes. Je suis curieux de connaitre mes rendements. Les betteraves étaient très belles et ont poussé toute la saison régulièrement. La livraison est prévue début décembre mais je m'attends à nouveau à un rendement record avec nos variétés Strube !»

Steven est vraiment fier de travailler pour Strube


Ses clients sont enchantés de leurs résultats. Début octobre 2015, il a même reçu un appel d'un betteravier de sa région, qui venait de livrer ses BARENTS, arrachées le 5 octobre:
16.068 Kg de sucre à l'hectare, soit 94,85 tonnes à 16,94 de richesse, avec 8,24 % de tare dont 3,78 % de terre et seulement 4,45 % de collet.
Un RECORD pour la date! Steven: «BARENTS va vraiment bien dans cette région, même si elle n'est pas recommandée par l'Institut. Mais elle est première en France, et ça c'est quand même une référence !»

Mon objectif: viser un rendement maximal car on n'a pas d'emprise sur la formation du prix

Un vrai cultivateur

 

Frederic est connu dans sa région. Il est originaire d'Oostduinkerke, à la côte belge, où il exploite la ferme paternelle, mais il a migré vers «Les Moëres», les polders qui jouxtent la frontière française, sur l'exploitation de ses beaux-parents. A Oostduinkerke, la rotation en betteraves est de 4 ans. Dans les Moëres, elle est de 9 ans. Les autres cultures sont le froment d'hiver, le lin, les pois et surtout les pommes de terre. Les engrais verts sont l'avoine japonaise et la moutarde. «Nous réalisons tous les travaux», nous dit Frederic, «sauf l'arrachage des betteraves.» Les deux sites ont des types de sols complètement différents, ce qui nous permet en fait une bonne répartition du travail. L'épouse de Frederic travaille à l'extérieur dans l'enseignement. Leurs fille et leur fils ont 14 et 10 ans, et Frederic ne sait pas encore si l'un des deux prendra un jour la relève, mais son fils a bien le virus.

frederic hubrecht

Agent régional

 

Frederic a trouvé une occupation passionnante pour les mois d'hiver: il est agent régional pour la firme De Wulf Agro - Strube depuis de nombreuses années. «Visiter mes collègues et écouter leurs expériences et les conseiller pour leurs variétés de betteraves m'apportent beaucoup de satisfactions», insiste Frederic, «et je peux partager aussi mes propres expériences.»

Semer tôt = des journées de croissance en plus, mais pas de montées avec les Strube

 

Les polders lourds sont labourés à l'arrière-saison et aussi préparés à la rotative. «Cela me permet de semer très tôt, le plus souvent en mars. Il y a bien un risque de gel tardif, mais les variétés actuelles de Strube sont tellement résistantes que même cette année, je n'ai presque pas eu de montées. Comparé à ce que j'ai vu dans la région, c'est vraiment une force de notre génétique.» «Les jours de croissance que je gagne en semant tôt se retrouvent dans le tonnage à la récolte. Je suis certain qu'avec cette technique, qui a été mise au point par un collègue de la région, la betterave restera concurrentielle face aux autres cultures.»

Je resterai betteravier !

 

Frederic a acheté plusieurs fois du quota pour garder la rotation actuelle sur sa ferme. «Avec l'évolution génétique des variétés, et l'augmentation spectaculaire des rendements, je devais mettre de moins en moins de betteraves pour faire mon quota. Je suis confiant dans mes rendements pour le futur, et même si je n'ai pas d'emprise sur la formation du prix, la betterave restera dans mon plan de culture.» «En Belgique, comparativement aux pays qui nous entourent, il y a une grande certitude de stabilité des rendements. Donc, oui, je crois en l'avenir de la betterave.»

Résultats

 

Les betteraves que j'ai livrées le 9 octobre, des GAUSS, ont donné 85,3 tonnes à 18,68° de richesse. J'approchais déjà les 16 000 kg de sucre à l'hectare. Deux autres livraisons sont prévues en semaine 8 et 12, mais les résultats n'étaient pas connus lors de l'impression de cette brochure.

«Depuis cette année, nous ne mettons plus que des variétés double-tolérantes rhizomanie – nématode !»

A proximité de Nivelles, dans le village d'Obaix, Jean-Claude et Guillaume Debar exploitent une ferme de culture où se succèdent au fil des années froment, escourgeon, betteraves, chicorées, pommes de terre. Tous deux sont passionnés de matériel agricole et de nouvelles technologies !


debar

Jean-Claude DEBAR (sur la grue) avec son fils Guillaume: «Pour l'année prochaine (2012), nous avons moins de terres à risques de nématodes, mais nous ne prendrons de nouveau que des variétés ALLfield. Nous ne prenons plus de risques!»

«Nous sommes vraiment enchantés des Gandhi, surtout pour la richesse en début de saison ! Plus de 19.5° de moyenne…»

Comment choisissez-vous vos variétés ?

 

«Nous choisissons habituellement des variétés lourdes, c'est-à-dire productives en rendement racines. Nous commençons à arracher dès que la sucrerie ouvre ses portes et nous livrons nous-mêmes chaque semaine; nous sommes donc aussi attentifs à avoir un bon niveau de richesse dès le début de la campagne; nous choisissons alors des variétés équilibrées offrant richesse et rendement. La tare terre et la tare collet ont toujours été une de nos préoccupations également. Ce sont des critères importants pour nous et la génétique Strube nous convient parfaitement !»

Un élément de plus cette année …

 

«Pourtant très contents de nos résultats en betteraves en 2011, nous avons longtemps réfléchi au type de variétés que nous allions implanter en 2012: tolérantes aux nématodes en terres infestées, uniquement tolérantes à la rhizomanie dans les champs où il n'y a pas de nématode ??… C'était notre logique auparavant, mais comment être sûr à 100% que les terres non suspectes sont indemnes de nématodes ? On peut faire une analyse de sol, c'est vrai ! Mais après avoir examiné les essais de l'Irbab et vu l'arrivée sur le marché de variétés double-tolérantes rhizomanie-nématode avec des performances comparables en champs sains et en champs infestés de nématodes, nous avons décidé de ne prendre aucun risque, de jouer la sécurité et nous avons choisi pour l'entièreté de nos terres à betteraves, des variétés «ALLfield», comme vous les appelez; qu'il y ait du nématode ou pas, je fais le bon choix !!…. Pourquoi se compliquer la vie??»

Vous avez testé une technique particulière de préparation de sol, cette année ?

 

«Oui, nous avons testé, sur 1,70 ha, le Striger de Kuhn, en 6 rangs. Cet outil de travail du sol prépare uniquement la future ligne de semis et est composé d'un disque ouvreur, d'un chasse débris étoilé, d'une dent, de deux disques ondulés et d'une roue de rappui. Nous avons travaillé avec une dent réglée de 15 à17 cm et nous avons roulé à du10 km/heure. Grâce à la technologie RTK, le semis en 12 rangs n'a pas posé de problème suite à un travail de préparation en 6 rangs. Cette technique permet d'économiser du temps et du carburant. Les matières organiques restant en surface, le risque d'érosion est nul ! A priori, la grosseur des pivots est identique !

Avez-vous déjà quelques résultats de rendements ?

 

«Les premières betteraves que nous avons arrachées, Gandhi et Charly, ont été semées le 28 mars sur une terre de 20 ha qui a été en biennal pendant 30 ans! Nous avons commencé nos arrachages à la mi-septembre pour les terminer sur cette parcelle fin octobre. La richesse moyenne avoisine les 19°, certains camions de Gandhi dépassant même les 20° de richesse début octobre! Et le rendement est excellent aussi ! Il est difficile de comparer les 2 variétés car les arrachages s'échelonnent sur un mois et demi, mais Gandhi est apparemment plus riche que Charly qui fait un peu plus de poids racine.»

«Dans une ferme betteravière comme la nôtre, les variétés doubles-tolérantes s'imposent désormais !»

Henri et Pierre L'Hoest exploitent une ferme essentiellement de cultures au cœur de la Hesbaye liégeoise, à Milmort et Verlaine. La betterave a toujours occupé une place importante dans l'exploitation. La rhizomanie est apparue il y a une bonne quinzaine d'années, au même titre que les nématodes. Depuis 10 ans maintenant, les variétés double-tolérantes font partie intégrante du choix variétal.

«Le nématode est présent un peu partout en Hesbaye et pour nous, les variétés double-tolérantes rhizomanie–nématode sont la meilleure option !» nous confient-ils. «Il y a quelques années, les terres étaient analysées régulièrement pour connaître l'infestation en nématodes. Maintenant, nous ne faisons plus d'analyse nématodes mais nous pensons que l'infestation se stabilise, voire diminue, puisque la betterave revient aujourd'hui tous les 5–6 ans et que nous utilisons des variétés tolérantes.»

Les frères L'Hoest choisissent des variétés de différentes maisons de sélection. Ils ont toujours fait confiance à Bruno De Wulf et ont choisi entre autres, cette année, Charly et Gandhi de la maison STRUBE.

l'Hoest

Dans une ferme betteravière comme la nôtre, les variétés doubles-tolérantes s'imposent désormais !"

Comparer des betteraves arrachées en début et en fin de saison n'a pas beaucoup de sens !

 

«Chaque année, après les arrachages, nous examinons nos résultats en tenant compte des dates de semis et d'arrachage, c'est-à-dire que nous calculons la performance journalière moyenne de chaque variété et de chaque parcelle. Car comparer des betteraves arrachées en début et en fin de saison n'a pas beaucoup de sens. Et nous retenons, pour l'année suivante, les variétés qui ont obtenu les meilleurs scores. Les résultats Irbab requièrent notre attention également, surtout pour les nouveautés ! Et à ce titre, nous réalisons, chaque année, notre propre essai avec plusieurs variétés sur la même parcelle: 6 rangs de chaque parcelle sont récoltés et pesés et des échantillons sont analysés à l'Irbab afin de déterminer la richesse.

Qu'est-ce que la performance journalière des variétés?

 

Les professionnels du bétail connaissent bien le GQM (gain quotidien moyen). La performance journalière des variétés, c'est en quelque sorte la même chose … Performance journalière moyenne = Rendement à 16° à l'ha / nombre de jours de végétation (depuis le semis jusqu'à la récolte).

Exemple fictif: Quelle est la meilleure variété ?

rendement à 16°

dat de semis

date d'arrachage

nombre de jours végétation

performance journalière (kg/jour)

variété A 75 2 avril 21 sept 173 434
variété B 85 6 avril 3 nov 212 401

On pourrait penser que la variété B est la meilleure (85 tonnes à 16°), mais quand on calcule la performance journalière, on se rend vite compte que c'est la variété A (ou la parcelle) qui surpasse l'autre …

Sur le graphique ci-dessous, on voit que la performance journalière moyenne chez les frères L'Hoest augmente de 2,1% par an.

Graphique: performance journalière moyenne des betteraves - L'Hoest

Et cette année ?

«A l'heure de boucler l'article, tout n'est pas connu puisque nous n'avons pas fini les arrachages. Mais ce que nous pouvons dire, c'est que la richesse des Charly et Gandhi, arrachées respectivement les 11 et 17 octobre est de 18.27° et 18.90° ! De plus, il faut avouer qu'elles s'arrachent très facilement; elles s'effeuillent bien et se scalpent très bien !»

«Avec les variétés Strube, je n'ai pas peur
d'utiliser mon vieux semoir Tank !...»

L'exploitation de Jacques et Sébastien Renard est située à Ernage, petit village de l'entité de Gembloux. C'est une ferme mixte avec un troupeau laitier et des Blanc Bleu Belge. Les cultures sont traditionnelles: betteraves sucrières, froment, pommes de terre, maïs, ray-grass et luzerne. Les betteraves reviennent tous les 4 ans.

pasteur

Pasteur: une variété lourde et riche !!

Comment as-tu fait ton choix de variétés de betteraves cette année ?

«J'ai toujours fait confiance aux variétés Strube; ce sont des variétés qui démarrent très bien. Et après avoir écouté les conseils de l'agent De Wulf Agro, mon choix s'est porté entre autres sur la variété Pasteur car c'est une variété qui fait du poids !»

Comment s'est passée la conduite de la culture ?

«Après un couvert de moutardes, j'ai labouré en janvier. Au printemps, j'ai ouvert la terre à la canadienne, puis un passage rotative-double croskillette et je les ai semées le 23 mars, à 21 cm, avec un vieux semoir Tank: chez Strube, les semences sont d'une telle qualité que je n'ai pas peur d'utiliser mon vieux semoir !...
La parcelle a reçu environ 40 T de fumier, 15 T d'écumes et 90 U de N liquide, mais pas de fumure de fond. Le désherbage a été très classique et on a fait un fongicide.»

Et le résultat ?

«Mes Pasteur ont toujours été très belles ! La levée a été superbe, bien meilleure que celle de la concurrence…
La couverture de sol a été très rapide et excellente. Je les ai arrachées le 23 octobre, et elles sont parties à la sucrerie le 29 octobre. Je suis très content de mon rendement: 101 T à 16°, avec une richesse avoisinant les 19° !! Et ce n'est pas la première fois que je dépasse les 100 T avec les variétés Strube …
J'en conclus donc que Pasteur est lourde et riche !! Et en plus, la tare est faible ! C'est sûr: j'en remettrai l'année prochaine !»

«Une chance que ZORRO existe, ou la betterave aurait disparu de mon exploitation !»

Raf Seldeslachts est agriculteur à Bierbeek, à deux pas de Louvain, dans la belle campagne du Brabant flamand. Ce jeune agriculteur exploite une ferme mixte laitière. Grâce à un automate placé le long de la route, les habitants du quartier peuvent se fournir jour et nuit en lait frais.

raf

Pourquoi es-tu passé à des variétés résistantes au rhizoctone ?

«Il y a 5 ans, 3 ha sur mes 9 hectares de betteraves ont disparu rapidement après la levée. Simplement comme ça ! J'ai tout de suite su que c'était du rhizoctone, car nous avons une rotation maïs-herbe-betteraves favorable à cette maladie. Mimi Engels, l'agent régional de la firme De Wulf Agro, m'a conseillé la variété ZORRO. Je la remercie encore. Entretemps je suis passé à une rotation de 4 ans.»

Comment étaient les betteraves cette année ?

«J'ai semé le 3 avril et les betteraves ont très bien démarré. Nous connaissons ZORRO depuis 5 ans maintenant, et je peux dire que c'est une variété très stable. Chaque année un bon démarrage, peu de montées même en semis hâtif. Cette année, malgré la période de froid après le semis, je ne suis passé qu'une fois pour faire les montées. Nous avons essayé cette année une autre variété rhizoctone, mais il y a beaucoup moins de betteraves pourries et de montées dans mes ZORRO. En fait je me suis aperçu que ZORRO possède le meilleur index de résistance dans les essais.»

zorro

Toujours rien de mieux, ni chez Strube ni à la concurrence !

«Je n'abandonnerai pas ZORRO. Cette variété a sauvé la culture de la betterave sur mon exploitation! ZORRO est la variété rhizoctone idéale. Pas de problème de montées, et grâce à sa haute tolérance contre la pourriture brune, j'ai très peu de betteraves pourries dans mon silo !»

Interview d'Eric Fostier de Spiennes - Hainaut

Passionné par son métier, Eric Fostier est agriculteur à Spiennes, près de Mons dans le Hainaut. C'est une ferme de culture où se côtoient froment, escourgeon, betteraves, haricots, pois de conserverie … Il cultive aussi des racines de chicons qu'il force lui-même en pleine terre. Sans bétail, les taux d'humus ne sont pas très élevés.

eric fostier

Des collègues m'avaient dit: "Avec une variété nématodes, tu pars déjà avec un handicap !" Mais j'ai écouté Colette Méhauden de la firme De Wulf Agro …

Colette Méhauden: "Alors Eric, qu'est-ce que ça donne, les betteraves cette année?"

Eric Fostier: "Ma femme me dit souvent que je ne suis jamais satisfait de mes récoltes, mais là, je peux dire que je suis très content. J'ai arraché mes betteraves en septembre et je fais un rendement de plus 90 tonnes à 16°, avec une richesse de 17,70. Ma tare totale est de 7,93, dont 3,31 de tare terre. Je n'ai jamais fait de pareils rendements en septembre: 15 tonnes de sucre à l'hectare !"

Colette Méhauden: "A quoi attribues-tu cela?"

Eric Fostier: "Tu te rappelles, la dernière fois que j'ai cultivé des betteraves sur cette terre, on avait vu une zone présentant de la carence en magnésie et tu avais arraché quelques betteraves et là, on avait observé la présence de kystes de nématodes. Tu m'as donc conseillé cette fois-ci de partir vers une variété tolérante aux nématodes, Bering. J'étais un peu sceptique … Certains collègues agriculteurs me disaient: tu pars déjà avec un handicap … Ce n'était pas pour me rassurer dans mon choix ! Mais mon agronome de sucrerie était, lui aussi, parfaitement confiant et m'a conforté dans cette décision."

Colette Méhauden: "Et comment s'est passée la saison?"

Eric Fostier: "J'ai semé mes betteraves le mercredi 23 mars. Comme chaque année, on fait une démo STRUBE, cette fois-ci avec 4 variétés: 2 variétés double-tolérantes rhizomanie-nématode, BERING et CHARLY, et 2 autres variétés simplement tolérantes à la rhizomanie. La levée a été parfaite ! Le printemps a été sec, mais les betteraves, bien implantées, n'ont pas trop souffert. Mais, déjà fin juin, début juillet, on a vu clairement des différences entre les variétés tolérantes aux nématodes et les autres. Et là, j'ai compris que j'avais fait le bon choix !"

Colette Méhauden: "Quelles sont les conclusions que tu retires de tout cela?"

Eric Fostier: "Je dirais que, dès qu'on observe des symptômes de la présence de nématodes, il ne faut pas hésiter, il faut choisir une variété tolérante aux nématodes, BERING ou CHARLY, car ces variétés sont quasiment du même niveau que les variétés rhizomanie quand il n'y a pas de nématode. Dès qu'il y a une faible infestation, les variétés nématodes prennent le dessus par rapport aux variétés rhizomanie. En tous cas, merci pour les bons conseils de choix de variétés car les variétés tolérantes aux nématodes s'imposaient vraiment sur ma parcelle !"

Colette Méhauden: "Merci Eric, de nous faire confiance!"